
Sarah Gautier présente ici une série de reproductions de dessins qu’elle nomme « portraits d’espace ».
Ces lieux existent réellement : chambres, cafés, ateliers, intérieurs habités. Son travail repose sur une pratique du dessin d’observation menée de façon presque radicale. Sans esquisse préalable ni crayonné, elle construit l’image directement au feutre fin, trait après trait, détail après détail.

L’origine de son travail se situe dans l’observation in situ, même si certaines œuvres sont aujourd’hui réalisées d’après photographie, prolongeant ainsi cette attention minutieuse portée aux lieux et à leur mémoire.

Née à Pau et aujourd’hui installée à Grenoble, Sarah Gautier est docteure en chimie théorique. Après plusieurs années consacrées à la recherche scientifique, elle amorce en 2018 un changement de vie décisif : elle se consacre entièrement au dessin et développe une activité indépendante de portraitiste et d’artiste auteure.

À travers ses commandes comme dans sa recherche personnelle, elle explore la manière dont les espaces racontent ceux qui les habitent. Ses dessins révèlent une densité de détails où chaque objet semble conserver une présence propre. Peu à peu, son travail évolue vers des reconstructions d’espace mêlant plusieurs lieux au sein d’une même image, comme dans La Passoire ou Les Bars présentés dans cette exposition.
Cette démarche se déploie sur des supports et formats variés : du dessin sur papier jusqu’aux très grands formats sur toile ou aux interventions murales réalisées au marqueur acrylique. Ces œuvres donnent également lieu à des commandes de particuliers, d’institutions et de musées, accompagnées d’ateliers de dessin d’observation invitant le public à expérimenter lui-même cette manière d’habiter le regard.

En 2019, Michel Bernier écrivait à propos de son travail :
« C’est plus que du dessin, c’est la reconstruction d’un lieu où, en plus de la haute précision, la vie est là. Loin d’étouffer dans la profusion d’objets, on respire. Et ce que j’aime, en plus, c’est le déséquilibre particulier qui conduit à l’équilibre d’un ensemble. Comme dans la vie, si on peut ! »

Sarah Gautier écrit enfin :
« Les portraits représentent la réalité du sujet ; tous les détails qui le rendent unique sont là. Je dessine une pièce qui se trouve sous mes yeux, et par mon trait courbé et fragile, on découvre l’humanité contenue dans chaque objet, et dans l’organisation du tout.
Cependant, j’observe et je construis sans penser au tout, comme un cristal qui pousse, qui grandit centimètre par centimètre à mon échelle. Jusqu’à la rencontre finale entre cette pièce et moi-même.
Et le temps accordé à cette rencontre est transmis instinctivement au spectateur : lors d’un coup d’œil ou d’un arrêt prolongé, une pause pour lui aussi, un repos. »














































